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Invité sur l’émission Actu Matin de CANAL 3 TV


LE DG SONEB BABALOLA : <L’eau doit payer l’eau>

Le Directeur général de la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb) David BABALOLA était l’invité de l’émission «Actu Matin» de Canal 3 Bénin sur le thème de la problématique de la disponibilité de l’eau potable au Bénin. Dans son intervention, David BABALOLA a rassuré les Béninois sur la qualité d’eau fournie par la SONEB et les efforts en cours par l’entreprise, avec l’aide du Gouvernement béninois, pour assurer  à tous les Béninois, l’accès à l’eau potable. Mais il a exhorté les populations à faire en sorte que l’eau puisse payer l’eau  en payant leurs factures à bonne date, condition indispensable pour assurer la continuité du service. Lire l’intégralité de l’entretien.  

Dites nous, d’entrée monsieur le Directeur général de la Soneb, l’eau est-elle disponible au Bénin ?

Parler de la disposition de l’eau, ce n’est pas en cinq ou dix minutes. Mais je pourrais vous donner quelques chiffres qui permettrons de comprendre si l’eau est, disponible ou pas. En fait, en 1955, la quantité d’eau disponible pour chaque personne au Bénin était évaluée à six (06) millions de litre par an. Trente cinq ans après, c’est en 1990 quand nous avons repris la réévaluation, l’eau disponible pour chaque personne au Bénin est deux millions huit cent mille litres.  Alors, quand nous faisans la projection pour l’an 2015, nous constatons que malheureusement, l’eau disponible pour chaque béninois serait environ de un millions deux mille litres.

Cela veut dire que la quantité descend …

Voilà ….

Donc, on risque un jour de nous retrouver sans l’eau et vous nous dites qu’on a plus de quantité d’eau disponible pour servir la population

C’est justement ça la problématique. En fait, les besoins forcent mais la disponibilité est constante. C’est purement et simplement mathématique. La quantité d’eau disponible est peut-être la même sans tenir compte de ce que nous appelons aujourd’hui, changement climatique. Nos besoins augmentent au jour le jour. Et permettez-moi de dire, quand je dis, moins d’un million de litre par personne et par an, cela suppose les besoins agricoles, les besoins industriels, les besoins de l’artisanat et les besoins domestiques. Mais il y a encore d’autres problèmes. C’est de savoir si cette eau est disponible partout et de la même manière. Justement non !

Pourquoi ?

Si nous prenons le cas du Bénin, l’eau est beaucoup disponible au Sud, (c’est ce que nous appelons le sédimentaire) que dans le Nord ou dans le socle cristallins, dans les zones de Collines, de l’Atacora ou même une partie aussi du Borgou. C’est-à-dire, l’eau n’est pas géographiquement bien repartie. Maintenant, quand nous parlons de l’eau potable en milieu urbain, puisque c’est de ça qu’il s’agit, c’est de ça que la population a besoin, nous dirons qu’aujourd’hui, nous avons de l’eau  suffisante mais sa mobilisation pose problème.     

L’eau  suffisante, sa mobilisation pose problème. C’est ce qui explique les coupures dont  la population se plaint. On est sous la douche, on ouvre le robinet et plus rien

Pas nécessairement. Vous savez, il y d’abord la disponibilité et la mobilisation. Aujourd’hui, pour que vous ayez une idée nette, les besoins de mobilisation pour les populations urbaines s’élèvent à environ à soixante neuf millions de litre d’eau par an. Aujourd’hui, la Soneb arrive à mobiliser quarante-quatre millions par an. Vous voyez qu’il y a déficit. Chaque béninois où qu’il se trouve, il y a un déficit de mobilisation d’eau.  Si c’est à Cotonou, le déficit est effectivement criard. Et c’est pourquoi par moment, il y a toutes les conditions qui sont réunies, les équipements de la Soneb marchent convenablement,  nous avons de l’énergie disponible mais il y a des populations qui ne peuvent pas avoir de l’eau à des heures données. Parce que, il y a une heure de pointe. Pour tout consommateur, les gens ont besoin de l’eau pour aller au service. Quand tout le monde rentre dans la douche au même moment, les besoins montent techniquement.

Et qu’est ce qui est fait pour combler ce déficit ?

C’est justement pour cela que nous nous battons tous les jours. Tous les projets que vous voyez en cours d’exécution sur toute l’étendue du territoire se mobilisent pour combler ce déficit. Et c’est pourquoi, il y a une date que nous donnons aux populations, surtout celles de Cotonou. Vous avez vu les grands travaux qui ont été visités tout récemment par la Haute Autorité, ces travaux viennent pour combler justement tout le déficit et même créer une marge d’évolue.

Et la date, c’est quand ?

Pour nous, c’est le 30 novembre 2014 avec l’aide de Dieu. Nous avons mis en service des équipements qui sont en cours de réalisation. Maintenant, par rapport aux perturbations que vous notez ces derniers temps, c’est justement ça puisqu’on ne peut pas faire des omelettes sans casser les œufs. C’est-à-dire, nous avons démarré maintenant les phases de raccordement. Et vous avez l’obligation de nous accompagner aussi. Parce que la population doit comprendre qu’on ne peut pas raccorder pendant que l’eau serait en train d’être produite.

Justement, cette eau dont vous parlez, il y a parfois qu’elle présente des couleurs inquiétantes ?

L’eau de la Soneb ne doit pas inquiéter. Je vous rassure une fois encore pour plusieurs raisons. Vous savez, la première raison, le métier de l’eau est un métier de l’ordre, donc pas de négligence. La Soneb a pour attribution de donner l’eau potable en milieu urbain et semi urbain. Je précise bien, l’eau potable. On  a parlé de la disponibilité de l’eau mais on n’a pas précisé ça. Nous avons l’obligation de donner l’eau potable. Et c’est ce qui justifie que certaines populations constatent que l’eau passe devant leurs maisons mais n’arrivent pas à se raccorder comme les populations de Houèdo d’où nous tirons l’eau mais qui pendant des années, nous ne savons pas où les raccorder.

Pourquoi ?

Parce que cette eau n’est pas encore traitée. Donc, l’eau de la Soneb, c’est l’eau d’abord traitée. On évalue d’abord la qualité brute, on évalue et on traite. La Soneb est aussi contrôlée. C’est ce qu’on ne dit pas à la population. Le Ministère de la Santé est chargé de contrôler  la Soneb. Nous disposons de plusieurs laboratoires pour ces contrôles. Mais quand les gens constatent que l’eau  n’est pas peut-être bien, c’est pour plusieurs raisons. Et ces raisons, nous les avons expliquées à maintes reprises. Déjà, la question de déficit d’eau pose problème aussi. Parce que l’eau à une vitesse normale d’écoulement  au niveau de canalisation. Donc, il faut l’expliquer parce que, cette eau peut stagner. Quand l’eau séjourne longtemps dans les canalisations, et que nous avons de pannes, et que nous ne prenons pas toutes les dispositions, il peut arriver effectivement que cette eau devienne non colorée.

Lorsqu’elle est colorée, on peut donc la consommer ?

Oui, on peut la consommer parce que nous injectons un produit, qu’on appelle produit gendarme. Nous l’appelons hypocholie de calcium, justement pour ces cas. Ça anéantit les microbes et ça prévient la qualité de l’eau pendant des jours.

Donc, on n’a plus d’inquiétude à se faire ?

Vous pouvez la boire si elle vient de la Soneb et que vous êtes sûr qu’elle vient de la Soneb. Je vous rassure, la preuve et comme exemple, tous les bateaux qui viennent à Cotonou cherchent à venir s’approvisionner en eau potable de la Soneb.

Le coût de l’eau, c’est une plainte de la population. Que répondez-vous à la population sur le coût de l’eau, surtout à Porto-Novo ?

Tout à fait. Je suis bien placé pour parler de Porto-Novo.   Je connais le dossier de Porto-Novo. Premièrement, vous avez parlé du coût de l’eau. C’est un problème de tous les jours. Je reviens là-dessus et j’explique à la population que l’eau n’est même pas vendue. S’il faut vraiment parler, l’eau n’est pas vendue au Bénin. C’est les services de l’eau, c’est-à-dire, les prestations. Naturellement, pour produire l’eau, il faut de l’énergie. Dans le coût de revient d’un mètre cube d’eau, l’intrant essentiel qui est l’énergie électrique prévient au moins quarante pour cent. Donc, pour produire un mètre cube d’eau, il faut au moins, un kilowattheure d’énergie électrique et nous connaissons le prix. De la même manière, le produit dont nous venons de parler, les équipements, il faut les amortir. Les hommes qui travaillent, il faut payer leur salaire. Bref, c’est les services de recouvrement. Nous essayons de recourir les coûts pour recouvrir les charges. Donc, en aucun cas, on ne peut pas dire que l’eau coûte chère, mieux quand je fais la comparaison, et ça, beaucoup de gens était surpris de savoir que le litre d’eau coût moins d’un francs Cfa. Les gens ne sont jamais donnés la peine de rapporter le coût de l’eau au litre. Un litre d’eau potable coûte moins d’un francs Cfa. Vous trouvez par rapport à quoi l’eau est chère. Je crois que ce débat n’existe plus. L’eau n’est pas du tout chère au Bénin. Mieux, elle est de très bonne qualité.
Parlons de Porto-Novo, je profite de cette occasion pour expliquer aux populations de Porto-Novo qu’effectivement, il y a eu difficultés mais pas difficultés de qualité de l’eau, pas une difficulté de disponibilité de l’eau. L’eau à Porto-Novo est de bonne qualité. Mais il y a eu un problème d’accès. Le problème d’accès est dû au fait que les extensions ne sont pas réalisées. Alors, la Soneb entre temps, avait voulu prendre ce dossier en main et fait sur elle-même les extensions. Et a fait payer la population. C’était une décision quand même juste mais malheureusement, il y avait des situations qui n’ont pas permis à la Soneb d’avoir les moyens de réaliser  et de faire sa politique d’application. Mais progressivement, depuis que je suis là, on a commencé par régler ce problème. Aujourd’hui, je crois que nous avons encore vingt-huit kilomètres de cordons à poser pour régler définitivement le problème de raccordement d’accès. Donc, je prie les populations de bien vouloir encore patienter un temps soit peu. C’est vrai qu’elles ont payé et elles se plaignent et c’est à juste titre. A défaut d’avoir un projet, nous allons sur fonds propre régler ce problème de façon définitive.

Vous allez régler progressivement le problème de Porto-Novo. Et le barrage de Djougou ?

Merci d’avoir évoqué le problème de Djougou et une fois encore, je vous invite à montrer quand c’est bon. C’est une occasion pour vous dire que vous faites de bon travail. Mais quand c’est bon, dites le aussi. Je suis parti de Djougou, 22 jours après l’ouverture et personne n’en parlent. C’est un phénomène naturel. On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. C’est un barrage et c’est pour retenir l’eau. Quand il pleut, il y a l’eau. Et quand vous buvez tout, il n’en aura plus. C’est ce qui s’est passé à Djougou. Le jour où je suis parti à Djougou. J’ai fini de parler avec la population de Djougou et avant d’arriver à Parakou, il y a pluie. On m’appelle pour dire que le barrage est encore rempli. Le lendemain, il y a eu une seconde pluie, et le barrage est encore rempli.

Donc,  c’est le fait de dame nature ?

Voilà ! Et qui ne dépend de personne. Mais ce qu’il faut dire pour régler le problème de façon durable, le projet est en cours d’exécution. C’est un grand projet de plus de six milliards.

Et il n’a pas de date. Cotonou est pour le 30 Novembre, Djougou, pas de date ?

Djougou, ce que je vous dirai, nous sommes à l’étape d’appel d’offre. C’est trop prétentieux de vous dire. Vous savez de quoi tout est fait. Vous savez ce que nous faisons aussi dans notre pays pour bloquer, pour retarder. Donc, il a des choses qui ne dépendent pas que de telle ou telle chose. Les facteurs externes, on ne peut pas  en parler. Pour Cotonou, on a pris une date parce que c’est des travaux en cours d’exécution. Des contrats sont signés. Et ça ne dépend que des entrepreneurs et des chimies de la Soneb. C’est pour ça que nous avons pris une  date. Et là encore, c’est sous la pression du Chef de l’Etat. Parce qu’en fait, les travaux devraient prendre fin en avril 2015 mais on nous a instruits  pour que nous ayons l’impact  de ce projet pour compter de janvier. Donc, les travaux vont se poursuivre mais nous allons remettre en service tout le système  pour qu’on puisse avoir effectivement l’impact. Il y aura les travaux de finition qui pourront se poursuivre au cours de l’année 2015 pour Cotonou. Mais pour Djougou, avec l’aide de Dieu, si nous arrivons à choisir de très bonnes entreprises, on leur donnera au maximum douze mois pour exécuter tous les travaux.

De l’eau potable disponible de façon disproportionnelle dans les différentes localités du Bénin. L’eau, lorsqu’elle présente une couleur inquiétante, il ne faut pas se lamenter, il faut la consommer, parce que la Soneb  travaille à ce que l’eau qui sort du robinet soit consommable. On retient que pour Cotonou, la date butoir est le 30 novembre 2014 pour permettre aux Béninois d’avoir l’eau de façon permanente. Quant à Djougou, elle peut encore attendre parce que c’est un projet. Bien d’autres localités seront prises en compte. Au niveau de la Soneb, tout roule comme sur des roulettes ?

Non ! On ne peut pas dire que tout roule comme sur des roulettes. Parce qu’il y a toujours de difficultés pour toute entreprise. Et l’une des difficultés, il faut que je profite de cette occasion pour  dire à nos chers clients de payer leurs factures à bonne date. Vous savez que l’eau doit payer l’eau. Et c’est l’eau qui supporte l’eau. Tous ces investissements, tous ces accompagnements, tout ça, relève  de la gouvernance sur l’eau. Et si l’eau n’est pas bien gouvernée, si l’eau est malade, c’est toute l’Afrique qui est malade. Et si la terre est malade, c’est tous les hommes qui sont malades. C’est le vrai principe et les gens doivent faire plus attention à l’eau. Vous savez, pour produire un kilogramme de riz, il faut 4500 litres d’eau. Pour produire un kilogramme de blé, il faut 1500 litres d’eau. Pour produire 10 tonnes de pétrole, il en faut 10 tonnes d’eau. Vous voyez l’importance de cette denrée qui est irremplaçable. A partir de cet instant, ne pas payer ses factures, c’est rendre malade la terre. Ne pas payer ses facteurs à bonne date, c’est rendre malade la Soneb. Et quand la Soneb est malade, c’est l’eau qui est malade. Et si l’eau est malade, c’est nous tous qui sommes malades. C’est de ça qu’il s’agit. Vous avez parlé des projets, il y en a partout. C’est à nous d’en décider. Il y aura cette année des projets à Kétou, à Malanville, à Grand-Popo, à Comé. Il y a des projets un peu partout. Les grands projets qui démarrent cette année, c’est ça que je viens de vous citer. Il y a des projets qui sont encore en gestation. Donc, accompagnez nous pour que nous soyons bien vis-à-vis de nos Partenaires Techniques et Financiers sans lesquels nous ne pouvons pas aller loin.


Entretien de Akimey Seydou Pour canal3 TV

 


 
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